Les banques mondiales aspirées dans le « trou noir » de la crise financière : Les quatre facteurs déclencheurs d'une grande faillite bancaire !!!

Les banques mondiales aspirées dans le « trou noir » de la crise financière : Les quatre facteurs déclencheurs d'une grande faillite bancaire !!!

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Les banques mondiales aspirées dans le « trou noir » de la crise financière : Les quatre facteurs déclencheurs d'une grande faillite bancaire !!!



Communiqué public GEAB N°19 (15 novembre 2007) -




LEAP/E2020 estime désormais qu'au moins un grand établissement financier américain (banque, assureur, fond d'investissement) fera faillite d'ici Février 2008 provoquant la banqueroute de plusieurs autres établissements financiers et banques en Europe (notamment au Royaume-Uni), en Asie et dans les pays émergents. C'est bien un « trou noir » financier, selon l'expression employée par Tony James (1), président de Blackstone, qui s'est formé à partir de la crise des « subprimes » américains.

Les facteurs déclencheurs d'un tel événement sont désormais si puissants et les signaux précurseurs si nombreux, que, selon nos chercheurs, sa probabilité à trois mois atteint désormais près de 100%. Il est tout aussi certain pour notre équipe que les autorités financières américaines tenteront de mettre en place un filet protecteur de remboursement pour éviter la contagion de la panique à l'ensemble du système financier américain (2); mais que l'ampleur de la faillite touchera immédiatement les institutions financières les plus exposées aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Les pays où les opérateurs financiers sont les plus liés aux opérateurs financiers américains seront donc en première ligne : Royaume-Uni, Japon, Chine en particulier (3).

Les principaux facteurs déclencheurs sont, selon notre équipe, au nombre de quatre :

1. Réduction drastique des revenus des banques opérant aux Etats-Unis
2. Effondrement accéléré de la valeur des actifs détenus par ces mêmes banques sous l'effet de la nouvelle réglementation bancaire US (FASB regulation 157)
3. Fragilisation croissante des assureurs obligataires
4. Récession économique aux Etats-Unis.


Ces facteurs sont bien entendu à replacer dans le contexte général que décrit LEAP/E2020 depuis le début de l'année 2006, à savoir la crise systémique globale, que visiblement les dirigeants politiques, financiers et économiques mondiaux ne font que commencer à appréhender (4). Le fait que depuis près de deux années les banques centrales, notamment la Réserve fédérale US et la Banque d'Angleterre, comme les principaux opérateurs financiers, aient été systématiquement en retard sur les évènements, laisse penser que cette fois encore ils ne prendront la juste mesure de la crise bancaire qu'une fois un événement majeur consommé. C'est en général le moment où il est trop tard pour empêcher efficacement la contamination systémique.



Indice d'évolution du « Moral du Consommateur » de l'Université du Michigan (incluant Novembre 2007) – Source Réserve Fédérale de Saint Louis / LEAP/E2020
Dans ce communiqué public du GEAB N°19, LEAP/E2020 a choisi de développer son analyse de la réduction drastique des revenus des banques opérant aux Etats-Unis.


Facteur N°1 - Réduction drastique des revenus des banques opérant aux Etats-Unis
Comme analysé en détail dans le GEAB N°19, l'application de la norme FASB 157 dès le 15 Novembre 2007 va exposer directement le bilan des établissements financiers opérant aux Etats-Unis aux conséquences de l'effondrement de la valeur d'une part importante de leurs actifs. Et cette part est en accroissement constant, car la crise des « subprimes » n'est en fait que le catalyseur d'une crise financière plus vaste affectant désormais l'ensemble des actifs financiers américains (5). Les différents CDOs sont dorénavant entraînés dans cette crise de confiance généralisée, alors qu'ils constituent une part importante des actifs bancaires, puisque ces dernières années les grandes banques sont sorties de leur rôle de prêteur pour se lancer dans l'investissement et la spéculation, à la manière des « hedge funds ».

Ces derniers ont d'ailleurs représenté depuis près d'une décennie une source croissante de revenus pour les grandes banques internationales. On se souvient encore des honoraires faramineux que les « hedge-funds » et les fonds d'investissements versaient aux banques ! dans le cadre de leurs multiples opérations, dont les rachats en LBO (« Leverage Buy-Out », ou rachat à effet de levier financier), fusion-acquisitions (ou M&A, « Merger and Acquisition ») et autres introductions en bourse (IPO, ou « Initial Public Offering »). Cette époque, pourtant pas si lointaine (puisqu'elle s'est terminée cet été), est maintenant révolue.

Désormais les « hedge-funds » se battent pour ne pas tomber en faillite. Les fonds d'investissement creusent leurs pertes en tentant d'éviter d'être aspirés dans le « trou noir financier» dont parle le patron de Blackwater (cité en introduction de ce numéro du GEAB).

Les projets de fusion-acquisitions sont au point mort. Ainsi, dans le secteur technologique (marché par excellence des fusion-acquisitions), Wall Street a vu le montant des transactions passer de 99 Milliards USD au troisième trimestre 2006 à 52 Milliards USD au troisième trimestre 2007 (soit une baisse de près de 50%) alors que la crise du crédit n'en était encore qu'à ses débuts. Pourtant la faiblesse du Dollar US a provoqué au troisième trimestre 2007 une frénésie d'achats européens aux Etats-Unis puisque ces derniers ont pour la première fois dépensé autant que leurs homologues nord-américains (6).



Le gel des LBO – Source Dealogic
Les introductions en bourse à Wall Street, qui avait mieux résisté à la crise estivale, sont désormais repoussées « aux calendes grecques » en attendant des jours meilleurs. Ainsi le nombre d'introductions en bourse de plus de 1 milliard USD est passé de 8 par trimestre (au troisième trimestre 2006) à 2 (au troisième trimestre 2007). Et ce phénomène se renforce comme viennent par exemple de l'illustrer RWE, le producteur d'énergie allemand qui a décidé de repousser la mise en bourse de sa filiale American Water du fait de la crise du crédit aux Etats-Unis (7); ainsi que Rusal, le géant russe de l'aluminium qui a repoussé à une date indéterminée son introduction en bourse alors qu'elle promettait d'être la plus importante de l'année 2007 et que les banques opératrices avaient déjà été choisies (à savoir Morgan Stanley, JP. Morgan et Deutsche Bank) (8).

Quand aux LBO (ces remarquables montages financiers permettant d'acheter une entreprise en utilisant la richesse potentielle qu'elle recèle (9)), non seulement leur marché s'est pratiquement éteint, mais les transactions qui n'ont pas pu être gelées ou annulées finissent au tribunal comme le montre le cas emblématique de SallieMae, la société de prêts étudiants, et JC. Flowers (un fonds d'investissement très actif, mais qui, pour l'anecdote, n'a pas de site web (10)). D'ailleurs en Octobre, les LBOs n'ont représenté que 5% des transactions de fusion-acquisitions contre 31% en Juin 2007.




Degré d'exposition des banques US aux risques liés aux produits financiers dérivés – Source Contraryinvestor
Toutes ces évolutions convergent dans la même direction, à savoir la perte d'une source importante de revenus des banques opérant aux Etats-Unis, qui va donc se cumuler aux conséquences de l'application de la norme FASB 157 et de la crise des CDOs, à savoir la perte de valeur d'une part importante de l'actif de ces mêmes banques.

En 2006 en effet, les revenus provenant de leurs honoraires de conseils et intermédiaires pour ces rachats, fusions, acquisitions, etc... ont constitué 27% de l'ensemble de leurs revenus, avec la plus forte progression enregistrée depuis sept ans (sept ans plus tôt, en 1999, nous étions à la veille de l'explosion de la bulle Internet !). Par ailleurs, en 2006 déjà, ces revenus avaient dû compenser les pertes générées par les premiers effets de la crise des « subprimes ». En 2007, les pertes liées au marché hypothécaire ont littéralement explosé par rapport à 2006, et, comme on peut le constater, les revenus de conseils et intermédiaires des grandes transactions financières se sont taris (11).

Nul besoin d'être un grand clerc pour en conclure que ces banques vont connaître entre la fin 2007 et le début 2008 une crise très grave qui va entraîner pour certaines des pertes auxquelles elles ne pourront pas faire face. Ce que nous voyons aujourd'hui de la crise n'est selon LEAP/E2020 que les signaux avant-coureurs de cette crise bancaire majeure dont les autres facteurs et les conséquences pour les investisseurs et les épargnants sont détaillées dans le GEAB N°19.



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Notes :

(1) Tony James a utilisé cette expression pour décrire l'environnement financier qui a conduit sa société de capital-investissement, l'une des « merveilles » de Wall Street il y a encore peu, à afficher une perte de 113 Millions USD (source Forbes, 12/11/2007). Blackstone a été introduite en bourse l'année passée comme d'autres méga fonds d'investissements, KKR et Fortress par exemple. Notre équipe avait d'ailleurs prévenu au Printemps dernier que ces introductions en bourse visaient sans aucun doute à mutualiser les pertes à venir plutôt que les bénéfices passés. C'est désormais confirmé.

(2) Comme c'est le déjà le cas avec le « super-conduit Paulson » (voir GEAB N°18).

(3) Pour plus de détails sur ces degrés d'exposition aux risques financiers américains, consulter notamment les GEAB N°16, 17 et 18.

(4) C'est à dire qu'ils commencent à peine à comprendre la nature « systémique » de la crise. Jusqu'à présent, ils ont d'abord nié l'existence d'une crise, pour, depuis quelques mois, la traiter comme un épisode habituel des cycles économico-financiers.

(5) Source : Bloomberg, 13/11/2007

(6) Source : The451Group, 01/10/2007

(7) Source : YahooNews/Reuters, 14/11/2007

(8) Source : Financial Information Service, 21/09/2007

(9) Pour peu qu'on parvienne à convaincre un nombre suffisant d'opérateurs financiers de vous prêter la somme correspondante.

(10) Source : SeekingAlpha, 25/11/2007

(11) Il faut lire sur ce sujet le remarquable article de Diana Choyleva, de Lombard Street Research, publié sur AlphaVille, 06/08/2007


source : www.leap2020.eu

# Posted on Tuesday, 20 November 2007 at 7:18 PM

Les sept séquences de la phase d'impact de la crise systémique globale (2007-2009)

Les sept séquences de la phase d'impact de la crise systémique globale (2007-2009)

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Les sept séquences de la phase d'impact de la crise systémique globale (2007-2009)





Communiqué public GEAB N°18 (15 octobre 2007)




Depuis la prise de conscience généralisée de l'existence d'une crise globale, le déroulement de la phase d'impact de la crise systémique globale devient plus précisément anticipable. Les facteurs psychologiques impliqués ainsi que les types d'actions et de réactions des différents acteurs concernés éclairent considérablement le processus à venir.

L'équipe de chercheurs de LEAP/E2020 estime donc désormais que la phase d'impact de la crise sytémique globale en cours sera plus longue que ce que LEAP prévoyait il y a un an (cf. GEAB N°8).
En effet, l'ampleur du premier choc financier et bancaire ressenti en Août 2007 signifie pour notre équipe de chercheurs que l'impact va se développer sous la forme de sept séquences majeures, affectant de manière parfois spécifique les principales régions du monde.

La phase d'impact s'étalera ainsi sur plus de deux années à compter du point d'inflexion franchi en Avril 2007 (cf. GEAB N°12), jusqu'à la fin 2009. Ensuite débutera la phase dite de « décantation » (cf. GEAB N°5) qui correspondra à la pérennisation des nouveaux équilibres du système mondial.

Jusqu'à Juin 2007, dans les numéros du GEAB, LEAP/E2020 a anticipé et décrit l'affaissement du système et prévenu sur les effondrements à venir. Dorénavant, nos équipes vont s'attacher à anticiper les développements des sept séquences de l'effondrement.

Dans ce numéro d'Octobre 2007 du GEAB (N°18), LEAP/E2020 analyse les grandes lignes de chacune des sept séquences et développe un calendrier précis pour chacune d'entre elles. L'ensemble est d'ailleurs rassemblé dans un tableau temporel synthétique de la phase d'impact (jusqu'à la fin 2009).

Dans ce communiqué public est présentée la séquence 1 en plus de la liste des six autres séquences.

Séquence 1 : L'infection financière globale via l'endettement américain : Cent ans après les « emprûnts russes », les « dettes américaines »

Séquence 2 : L'effondrement boursier en particulier en Asie et aux Etats-Unis : De - 50% à -20% en un an, pour les bourses, selon les régions du monde

Séquence 3 : L'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales : Royaume-Uni, Espagne, France et pays émergents

Séquence 4 : Tempête monétaire : La volatilité au plus haut sur fond de Dollar US au plus bas

Séquence 5 : Stagflation de l'économie globale : Recessflation aux USA, croissance molle en Europe, récession

Séquence 6 : « Très Grande Dépression » aux Etats-Unis, crise sociale et montée en puissance des militaires dans la gestion du pays

Séquence 7 : Accélération brutale de la recomposition stratégique globale, attaque sur l'Iran, Israël au bord du gouffre, chaos moyen-oriental, crise énergétique



SEQUENCE 1 - L'infection financière globale via l'endettement américain : Cent ans après les « emprûnts russes », les « dettes américaines » (2° Trimestre 2007 – 3° Trimestre 2008)
Comme l'a expliqué l'équipe de LEAP/E2020 dans le GEAB N°17, la dimension financière de la crise actuelle tient en grande partie son origine dans le fait qu'au cours des deux dernières décennies, l'économie américaine s'est essentiellement spécialisée dans la production de « dettes » (des ménages, des entreprises et des institutions publiques) et qu'une partie croissante de cette dette collective a été vendue à des détenteurs étrangers qui sont en train de s'apercevoir qu'ils risquent de n'être jamais remboursés de l'intégralité de leurs prêts (grâce auxquels l' « American Way of Life » s'est financée ces dernières années). Les plus méfiants, ou plutôt les plus perspicaces, commencent même à se demander s'ils seront tout simplement remboursés. La comparaison avec les emprûnts russes n'est ainsi pas seulement un trait d'humour mais bel et bien une comparaison raisonnable car nous sommes désormais entrés dans une situation où, s'ils n'imprimaient pas la monnaie qui leur sert de moyen de paiement, les Etats-Unis seraient en situation de cessation de paiement puisque leur endettement collectif dépasse les 400% de leur PNB.




Evolution de la dette totale des Etats-Unis (privée et publique) - 1957/2006 - Sources Grandfather Economic Report/ US Federal Reserve
Pour l'instant, du fait qu'ils ont encore une position centrale tant en terme de devise que de pilier du système financier mondial (1), ils utilisent l'affaiblissement continu de leur monnaie pour rembourser le reste de la planète en « monnaie de singe » (évolution anticipée dans le GEAB N°2 de Février 2006). Ils ont également tenté de cacher l'insolvabilité croissante de leurs acteurs économiques en faisant revendre par les banques de Wall Street (et leurs avides partenaires internationaux) des actifs financiers « virtuels », c'est-à-dire dont la valeur repose sur des formules mathématiques absconses, les fameux CDOs (cf. GEAB N°17). Cette méthode de valorisation est équivalente à celle utilisée dans l'Antiquité pour connaître la volonté des dieux lorsqu'on ouvrait les entrailles d'un poulet pour y lire l'avenir. Les CDOs fonctionnent sur le même principe (à ce détail près que c'est le portefeuille de l'acheteur qui se fait éviscérer) : aujourd'hui, ces actifs fictifs sont partout dans le bilan des banques, petites et grandes, dans les portefeuilles des « hedge funds », dans les trésoreries des entreprises, dans les placements des particuliers... Et personne n'a la moindre idée de combien ils valent (2), ce qui dans le monde de la finance tend à laisser penser qu'ils ne valent pas grand-chose.

Les chiffres de pertes annoncés ces derniers jours par les grandes banques internationales laissent notre équipe perplexe : seulement une petite vingtaine de milliards de Dollars au total. On aurait donc assisté depuis la mi-Août 2007 à des interventions historiques (et qui continuent de l'être) des banques centrales du monde entier, injectant plusieurs centaine de milliards d'Euros dans le système financier mondial pour tenter de remettre en route (pour l'instant sans résultats significatifs ) la « pompe à liquidité » mondiale avec comme seul retombées négatives pour les grandes banques internationales une petite entaille de 20 milliards de Dollars dans la courbe de croissance de leurs profits ? Pour LEAP/E2020, on atteint là un degré extrême de manipulation des actionnaires, des épargnants et des investisseurs (3).

D'ailleurs, preuve que ceux qui croyaient la crise financière derrière nous prennent leurs désirs pour des réalités (à moins qu'ils ne spéculent actuellement en bourse) (4), les grandes banques américaines viennent de prendre la décision de créer un « pool » de 75 milliards de dollars pour faire face au risque d'effondrement du marché des actions dans le cas d'une extension de la crise de liquidité. Selon LEAP/E2020, les sommes qui sont en train de s'évanouir en fumée au fur et à mesure de la prise de conscience que la plupart des CDOs ne valent en fait pas grand chose se mesurent en centaines de milliards de dollars et non en dizaines.

Avec cette « force de frappe » de soixante-quinze milliards, Hank Paulson, le secrétaire d'Etat au Trésor US et ancien patron de Goldman Sachs, a orchestré la contribution directe des banques américaines à la défense contre la crise de confiance en gestation. Selon notre équipe, il est actuellement l'un des rares dirigeants américains à avoir une certaine conscience de l'ampleur de la crise en cours et à tenter d'être pro-actif (6) (plutôt que réactif comme l'est par exemple Ben Bernanke, le patron de la Fed). Il espère, selon nos chercheurs, parvenir à éviter la transformation de cette crise de liquidité en une immense crise de confiance dans l'ensemble des valeurs financières et monétaires américaines. Et il s'est rendu compte que l'action des banques centrales ne suffisait pas à endiguer le problème.

En effet, après deux mois d'infusions financières massives continues, une baisse de taux agressive de la Fed (-0,5%) et la pause de la hausse des taux de la BCE, rien n'est revenu à la normale. Actuellement les grands établissements financiers, en particulier américains, ont cherché à gagner du temps dans l'espoir d'une amélioration de la situation pour les plus optimistes ou les plus naïfs, ou plus probablement pour organiser la sortie de leurs bilans du maximum possible de pertes, en les transférant sur d'autres opérateurs et en s'arrangeant pour que l'ensemble de la profession participe à ce tour de passe-passe. Les banques américaines sont bien entendu en première ligne sur cette affaire puisque c'est leur propre marché qui est train de partir en fumée. Et le pool nouvellement créé est l'indicateur qu'on s'approche d'un nouveau choc financier, encore plus brutal que celui d'Août dernier, que notre équipe anticipe entre Novembre 2007 et Février 2008.

Pour LEAP/E2020, il faudra attendre encore une année pour que l'ampleur des pertes générées par la crise des « subprimes » et son amplification via les CDOs puisse être mesurée pleinement. Pendant ce temps, nous allons assister à une crise de confiance croissante dans le système financier américain (7) et par ricochet sur les systèmes financiers occidentaux. Les marges de manoeuvre à la baisse des taux de la Fed sont épuisées pour les mois à venir, faute de voir le dollar US s'effondrer littéralement (8); une option que désormais les partenaires économiques des Etats-Unis (Européens en-tête, et Chinois plus discrètement) envisagent et tentent de prévenir.

Si dans les précédents numéros, nous avons déjà largement détaillés les conséquences prévisibles de cette crise financière sur les partenaires des Etats-Unis, détenteurs d'actifs financiers américains, il est utile de garder à l'esprit qu'elle a un impact majeur aux Etats-Unis même, puisque près de 30% de la dette américaine est détenue par des opérateurs privés américains. Nous reviendrons sur cet aspect dans la séquence sur la « Très Grande Dépression US ».


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Notes :

(1) La crise systémique globale est justement le processus entraînant de la fin de cette situation avantageuse dont ont bénéficié les Etats-Unis depuis 50 ans.

(2) « Moody's cuts credit ratings on about 2000 subprime bonds », Wall Street Journal, 12/10/2007

(3) « Asset-backed paper falls for ninth straight week », MarketWatch/DowJones, 11/10/2007

(4) « What Citigroup did'nt say », MarketWatch/DowJones, 07/10/2007

(5) « Big banks, Treasury discuss help for securities markets », MarketWatch/DowJones, 13/10/2007

(6) On l'avait déjà constaté avec ses tentatives de prévenir une collision commerciale frontale entre la Chine et les Etats-Unis sous la pression du Congrès et des industriels américains ; même si ces efforts restent sans impact significatif.

(7) « Lazy portfolios betting big overseas », MarketWatch/DowJones, 08/10/2007

(7) « Strong silence from US on dollar's weakness », International Herald Tribune, 10/10/2007


source : www.leap2020.eu

# Posted on Tuesday, 20 November 2007 at 7:09 PM

La crise actuelle expliquée en mille mots

La crise actuelle expliquée en mille mots

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La crise actuelle expliquée en mille mots





Communiqué public GEAB N°17 (15 septembre 2007)




Comme l'a expliqué à plusieurs reprises, depuis le début 2006, l'équipe de chercheurs de LEAP/E2020, le moteur principal de la crise systémique actuelle se trouve aux Etats-Unis. Cette « fin de l'Occident tel qu'on le connaît depuis 1945 » annoncée par LEAP/E2020 en Février 2006, c'est avant tout l'effondrement dans toutes ses dimensions (économique, monétaire, financière, diplomatique, intellectuelle et stratégique) du pilier de l'ordre mondial du XX° siècle qu'ont été les Etats-Unis. Et c'est bien ce pays qu'on retrouve au coeur de la crise financière et bancaire affectant de manière visible depuis cet été l'ensemble de la planète. Pour prendre une image simple, le pilier repose désormais sur des sables mouvants. Ce qui évidemment conduit toute l'architecture globale à s'affaisser dans son ensemble d'abord, puis à s'effondrer par pans entiers.

Dans ce GEAB N°17, l'équipe de chercheurs de LEAP/E2020 a donc décidé de se concentrer sur l'analyse de la nature de la crise systémique globale en cours (une réflexion déjà bien avancée depuis de nombreux mois pour les abonnés du GEAB) (1) et de publier une explication en mille mots seulement de la crise actuelle et de son articulation avec l'ensemble de la crise systémique. Nous espérons que cette explication sans jargon de spécialiste aidera le plus grand nombre à mieux comprendre les évènements des mois et années à venir. Car, et c'est un point essentiel, nous estimons que plus aucun centre de pouvoir n'est en mesure d'arrêter la crise systémique en cours, ni même de limiter son impact globalement (2).

Depuis 1945, et de manière accrue après l'effondrement du bloc soviétique à partir de 1989, l'économie américaine est devenue le pilier unique de l'ensemble du système financier et bancaire mondial. La déconnection le 15 août 1971 (3) de la valeur de la devise US avec l'or (ou de tout autre contrepartie physique, donc disponible en quantité limitée) a ouvert la voie à une croissance exponentielle de la quantité de Dollars US en circulation. L'émergence croissante de nouveaux pôles de production industriels, technologiques ou de services dans le monde, sur fond d'affaiblissement croissant de la formation des ressources humaines aux Etats-Unis et donc de la compétitivité de la production US, a entraîné un accroissement sans équivalent historique de la dette américaine (publique et privée). Cette dette est donc progressivement devenue, grâce à l'inventivité des opérateurs financiers et à la complicité plus ou moins naïve de toute la chaîne banco-financière (banques centrales, agences de notation, médias financiers, politiciens, économistes, etc...), la principale production des Etats-Unis.


Evolution du ratio d'endettement des ménages américains - Source Contraryinvestor.com L'arrivée de G.W. Bush au pouvoir et de ses co-équipiers idéologues ou affairistes a entraîné une explosion phénoménale de la production de ce type de « valeurs », les dettes (4), avec la bénédiction très active du président de la Réserve fédérale du moment, Alan Greenspan (5) : dette publique, dettes immobilières, dettes automobiles, dettes de cartes de crédit (6),... partout la dette s'est imposée comme le bien le plus « produit » par l'économie dite dominante. Et le reste du monde a continué de plus belle à acheter ce nouveau produit « made in USA », les élites occidentales en particulier étant fascinées par l'incroyable inventivité de Wall Street et de son annexe, la City londonienne.

Pourtant depuis plusieurs années, n'importe quelle personne possédant deux yeux pour voir (c'est-à-dire ni un expert ni un décideur dont les yeux ne servent, semble-t-il, qu'à lire des rapports sur la réalité ou des communiqués de presse) et traversant les Etats-Unis pouvait constater qu'à la différence de l'Europe ou de l'Asie, le pays était en plein appauvrissement généralisé : infrastructures en déshérence (7), éducation en chute libre, immigration croissante à faible niveau d'instruction, dépendance énergétique extérieure croissante, retards technologiques multiples,... Ce constat soulevait immanquablement une question fondamentale : qui va rembourser, et comment, cette dette colossale en expansion constante ?




Encours de la dette américaine par secteurs (1974-2006) - Sources : Federal Reserve / ITulip.com
Mais, jusqu'au 11 Septembre, à l'invasion catastrophique de l'Irak, à Katrina et la destruction partielle de la Nouvelle-Orléans, et plus récemment à l'effondrement du pont sur le Mississipi, tout le monde semblait, à l'instar des experts, ne voir que les chiffres publiés par le système lui-même qui leur vendait le produit « dettes », des chiffres qui bien entendu assuraient que tout allait bien et que le débiteur moyen était solvable.

Et puis, progressivement, avec une accélération croissante depuis une année environ, la réalité, ce paramètre gênant de toutes les équations pondues par les experts et les idéologues, s'est invitée dans le système banco-financier. Bulle après bulle (Internet, immobilier, subprime), les tentatives pour augmenter la production de dettes ont donc continué, avec l'espoir que soit l'économie réelle rattraperait le niveau de dette produite, soit le reste du monde continuerait indéfiniment à acheter de la dette US en se re-finançant avec de nouvelles dettes US (toujours plus sophistiquées comme les fameuses CDOs, Collaterized Debt Obligations, censées partager les risques alors qu'elles infectaient de facto tout le système de ces mêmes risques).

Mais l'éclatement de la bulle immobilière déclencha un enchaînement fatal, comme l'avait anticipé mois après mois le GEAB depuis Février 2006, qui progressivement nous a conduit à la mi-2007 et à la prise de conscience par les grands opérateurs banco-financiers que le débiteur ultime de cette immense usine à produire de la dette que sont devenus les Etats-Unis, à savoir le consommateur américain moyen, était soit déjà insolvable, soit en passe de le devenir prochainement (8) sur fond de récession US déjà entamée (9).

A partir du Printemps 2007 (point d'inflexion de la crise systémique globale (cf. GEAB N°12 - Février 2006), ces grands établissements ont commencé à essayer d'évaluer leur exposition sans prendre réellement la mesure de la crise car, là encore, l'habitude, le conformisme, ont laissé pensé qu'il y aurait un « rebond de l'économie US », que « la chute des prix de l'immobilier serait brève », que l'« emploi tiendrait », que l' « investissement des entreprises repartirait », que « les revenus boursiers pallieraient les conséquences de l'effondrement des prix immobiliers », etc... Chacun a pu lire ou entendre cette litanie de « voeux pieux » présentés comme des analyses sérieuses dans les grands médias financiers ou par les banques centrales elles-mêmes.

Au milieu de l'été 2007, les grandes banques internationales ont dû se rendre à l'évidence : une proportion très importante (mais encore inquantifiable, faute de prendre la mesure exacte de la crise en cours) de toutes ces dettes ne seraient jamais remboursée. L'évolution du marché des billets de trésorerie (« Commercial Papers »), gagés sur des actifs (essentiellement financiers), qui sert au financement des entreprises et qui est au coeur de la crise banco-financière actuelle, est très significatif. Comme l'illustre le graphique ci-dessous, c'est en effet un effondrement pur et simple qui a commencé en Août dernier.



Encours des billets de trésorerie US gagés sur actifs - au 22/08/2007 - Au vu des échéances à venir, et de leurs engagements incontournables, les grandes banques ont donc décidé de se mettre à amasser des liquidités réelles (et non plus de pseudo-liquidités comme la plupart des produits financiers vendus ces dernières années à des millions d'épargnants, fondés in fine sur des dettes américaines) (10), et donc de cesser de financer des opérations potentiellement porteuses de pertes massives. En la matière, elles ont notamment cessé de se prêter mutuellement des fonds puisque, chacune ayant largement plongé dans la spéculation basée sur les dettes américaines, elles se suspectent les unes et les autres d'être encore plus exposées et donc de risquer la faillite.

Car il s'agit bien de cela. Et c'est pour cela que la BCE inonde littéralement les banques européennes de liquidités. Jean-Claude Trichet doit se souvenir de l'effondrement du Crédit Lyonnais (11). La crise du subprime n'est qu'un détonateur. C'est en effet l'ensemble de la bulle financière fondée sur la dette américaine qui est en train d'éclater, car le consommateur US est exsangue alors même que l'économie américaine entre en récessflation comme décrit par LEAP/E2020 dans le GEAB N°16 (Juin 2007). Derrière les prêts immobiliers à risque, ce sont désormais tous les prêts immobiliers américains, les prêts automobiles, les prêts des cartes de crédit US, ... qui font désormais face à une hausse exponentielle de leurs taux de non-remboursement (la dette publique suit la tendance avec la baisse du Dollar et celle des Bons du Trésor US).

Autrement dit, les plus avisés dans le sphère banco-financière mondiale (ce qui exclut notamment la plupart des actuels dirigeants des grandes banques internationales) savent que dans les 6 mois à venir, ce sont des pans entiers de leur activité et de leurs bilans qui vont soit s'évanouir en fumée, soit afficher des pertes records.



Répartition par pays de la dette Publique US - Source : US Department of the Treasury / Dollardaze Et comme la contagion à l'économie réelle est déjà en cours non seulement aux Etats-Unis mais également sur l'ensemble de la planète, c'est désormais l'effondrement des marchés immobiliers britannique, français et espagnol qui est au programme de cette fin d'année 2007, tandis que l'Asie, la Chine et le Japon vont devoir faire face simultanément à la chute de leurs exportations vers le marché américain et à la baisse rapide de la valeur de tous les actifs en Dollars US (devise US comme bons du trésor, actions d'entreprises US, etc...). D'ailleurs, le graphique ci-dessus indique très clairement les pays qui vont subir les chocs les plus brutaux suite à l'explosion de la bulle d'endettement US, à savoir Japon, Chine, Royaume-Uni et pays pétroliers exportateurs en Dollars US.

Sur la suite des évènements, l'équipe de LEAP/E2020 n'a en fait actuellement que deux interrogations pour lesquelles elle n'a pas d'élément précis de réponse : combien d'experts, de banquiers centraux, de journalistes financiers, de politiciens américanistes fascinés par l'Amérique seront capables de comprendre cet enchaînement de phénomènes qui remet en cause leur vision du monde ? Et le feront-ils à une vitesse suffisante, sans attendre les « Godots » qui n'arriveront plus (à savoir les « sursauts », les « rebonds » censés être programmés dans une Amérique d'aujourd'hui qui n'a plus rien à voir avec celle du milieu du XX° siècle).

La course de vitesse entre la réalité et la théorie est désormais ouverte. Une crise systémique, c'est finalement ce type de course dont le vainqueur est toujours in fine la réalité. Les décideurs, s'ils sont conscients, peuvent quant à eux au moins éviter la collision brutale et frontale avec les faits, épargnant ainsi de grands dommages à leurs populations. Les mois qui viennent, sur toute la planète, vont trier le grain de l'ivraie en la matière.

Ce qui est certain pour LEAP/E2020 en revanche, c'est que la « Très Grande Dépression US » annoncée pour 2007 est bien au rendez-vous de l'Histoire et qu'elle va avoir des conséquences sans commune mesure avec la crise de 1929, même si certains indicateurs communs aux deux crises sont passés au rouge depuis des mois, et même si 1929 reste le dernier point de comparaison possible dans l'Histoire moderne (12).


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Notes :

(1) Concernant la phase d'impact de la crise systémique globale, LEAP/E2020 estime désormais que la troisième période de cette phase décrite dans le GEAB N°8 (15/10/2006) sera en fait beaucoup plus longue que prévue par nos équipes et qu'elle s'étalera en fait jusqu'au début 2009.

(2) Et ce n'est pas l'impuissance de la Réserve fédérale à empêcher une récession US, un accélérateur de la crise en cours, qui va modifier l'analyse de LEAP/E2020 en la matière. Source : CNNMoney, 13/09/2007

(3) Pour plus d'information : Université de Sherbrooke, Canada.

(4) Pour une vision très illustrée de cette explosion des dettes US, il est utile de consulter le site US National Debt Clock.

(5) Aujourd'hui Alan Greenspan aimerait réécrire l'histoire et prétendre qu'il n'est pour rien dans la débâcle financière qui est en train d'emporter son pays (source : New York Post, 14/09/2007) ; pourtant, il a été l'un des ardents promoteurs de l'un des principaux détonateurs de la crise actuelle, à savoir les prêts immobiliers à taux variable (source : Slate, 27/02/2004).

(6) Et la ruée des consommateurs américains sur leurs cartes de crédit pour essayer de maintenir leur niveau de vie, après la fin du rêve du prêt hypothécaire ad aeternam, va se traduire dans quelques mois par de nouvelles déconvenues pour les grands établissements financiers. Source : Sioux City Journal / AP, 14/09/2007

(7) A titre d'exemple, l'Association Américaine des Ingénieurs Civils estime à 1.600 milliards USD sur cinq ans les investissements nécessaires uniquement pour remettre en bon état les infrastructures (routes, ports, aéroports, adduction d'eau, barrages, ... ) des Etats-Unis. Des décennies d'impérities collectives se sont ainsi transformées en une facture gigantesque pesant sur l'avenir de tous les Américains. Source : American Society of Civil Engineers.

(8) L'insolvabilité du consommateur US a été décrite dans le GEAB N°9 (Décembre 2006).

(9) L'exemple du marché automobile aux Etats-Unis, qui simultanément s'effondre et voit monter les incidents de paiement sur les ventes antérieures, est très éloquent. Source : The Colombus Dispatch, 02/09/2007

(10) Cf. à ce sujet, les Recommandations de LEAP/E2020 dans le GEAB N°17 (Septembre 2007)

(11) Cf. GEAB N°17

(12) Cf. GEAB N°17 pour la comparaison entre la crise de 1929 et celle de 2007



source : www.leap2020.eu
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# Posted on Tuesday, 20 November 2007 at 7:02 PM

Euroland - La zone Euro en crise avec l'éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l'Est

Euroland - La zone Euro en crise avec l’éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l’Est
Euroland - La zone Euro en crise avec l'éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l'Est



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Euroland - La zone Euro en crise avec l'éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l'Est




- Extrait GEAB N°16 (15 juin 2007) -




Les transformations du système global qui alimentent la crise systémique actuelle s'appliquent non seulement aux Etats-Unis et à la Chine, mais également à l'Union Européenne qui est également une puissance émergente. Elle est bien composée de vieilles nations, anciennes puissances mondiales pour certaines (la Chine aussi a dominé une bonne partie du monde par le passé). Mais la nouvelle combinaison qu'a produit l'UE (et en particulier son c½ur, l'Euroland) est une puissance neuve, qui elle aussi, est en train d'apprendre son nouveau rôle. Et selon LEAP/E2020, cet apprentissage va être très difficile dans les six prochains mois car l'Euroland va connaître sa première vraie crise systémique, à savoir un choc asymétrique.

Il est déjà en train de prendre forme et sa source en est l'Espagne. L'économie espagnole est en train de suivre le chemin des Etats-Unis avec une bulle immobilière qui a commencé à exploser en début d'année 2007 (comme l'avait d'ailleurs annoncé LEAP/E2020 dès la fin 2006) entraînant l'éclatement d'une bulle financière (les ménages espagnols, à l'image de la situation américaine, sont surendettés, passant de 75% de leurs revenus disponibles en 1995 à 133% en 2006), et une configuration des taux d'intérêts européens, gérés par la BCE à Francfort, qui va dans les mois à venir renforcer la déroute économique ibérique (ainsi les taux d'intérêts de la BCE affectent directement les prêts hypothécaires dont les Espagnols sont friands (1)). La raison en est très simple : la BCE a bénéficié ces dernières années de la chance incroyable de ne pas avoir dû faire face à de sérieuses divergences tendancielles entre les économies de la zone Euro. Cette chance est dorénavant passée. L'Espagne, le Portugal, la Grèce, l'Irlande, et dans une moindre mesure l'Italie voire la France (2 (pour ne citer que les économies les plus importantes concernées) commencent à diverger des évolutions économiques de l'Allemagne ou des Pays-Bas. Le déficit de la balance des paiements de l'Espagne est abyssal : 98,6 milliards USD. A l'échelle mondiale, en 2006, seuls les Etats-Unis font pire que l'Espagne. C'est près du triple du déficit français et est à comparer aux 105 Milliards USD d'excédents de l'Allemagne



Balances des Paiements – Source CIA
La détérioration de compétitivité qu'entraîne ce déficit crée une divergence tendancielle croissante entre les économies qui génèrent des déficits et celles qui sont en excédents. La politique de la BCE, encadrée par le pacte de stabilité et ayant comme seul mandat la lutte contre l'inflation, ne peut pas faire grand-chose pour déclencher une convergence accrue des économies de la zone Euro. L'affaiblissement structurel du Dollar par rapport à l'Euro, associé à l'implosion du marché immobilier (et aux débuts de crise hypothécaire), aggrave encore la situation espagnole. On s'achemine donc vers une crise majeure de la gouvernance de la zone Euro d'ici la fin 2007.

C'est d'ailleurs le sentiment largement dominant (69%) des Européens sondés par le dernier GlobalEuromètre. Ils sont une très large majorité, comme le reflète sans interruption le GlobalEuromètre depuis le début 2006, à demander la tenue d'un « Sommet de l'Euroland » pour permettre aux plus hauts dirigeants politiques de la zone Euro de définir des règles de gouvernance politique et sociale de l'Euroland. Le nouveau président français semble en avoir fait un de ses objectifs pour l'année à venir ; il risque d'être aidé dans cette tâche par la crise espagnole qui commence à devenir incontrôlable.

La Banque centrale espagnole répète ainsi régulièrement qu'il n'y a aucun rapport entre la situation de l'immobilier espagnol et celle de l'immobilier aux Etats-Unis. Parallèlement elle est suspectée de vendre ses réserves en or à un rythme intensif pour faire face à une hémorragie de devises. Cette situation se développe sur fond d'effondrement des grands opérateurs du secteur immobilier comme Astroc (3) dont le cours de bourse a été divisé par trois. Des prix de l'immobilier qui baisse, une réduction de plus de 12% du nombre de logements livrés en un an, des prêts hypothécaires que les emprunteurs ont désormais du mal à rembourser (les délits de ce type ont été multipliés par 2,5 entre 2004 et aujourd'hui), des clients qui se font rare,... c'est une situation qu'a très bien décrite LEAP/E2020 dès Février 2006, en anticipant l'éclatement de la bulle immobilière américaine. Et la situation espagnole actuelle y ressemble totalement.



Evolution de la dette des ménages espagnols et de la hausse des prix de l'immobilier
Pour la gouvernance de la zone Euro, cette crise espagnole (et plus généralement des divergences entre pays latins et zone germanique) va entraîner plusieurs mois de relations tendues, notamment entre l'Allemagne et la France. Si, en plus de cela, il n'y a pas d'accord sérieux (c'est-à-dire autre que destiné à un effet d'annonce) lors du Sommet européen des 21/22 Juin, cette crise de la zone euro débouchera sur une crise politique majeure dans l'UE, avec un règlement de compte franco-allemand en prime.

Pour conclure sur les risques financiers européens, la Lettonie en particulier et les pays baltes en général, font figure de premiers suspects pour une crise affectant les devises des pays émergents, notamment dans la zone associée à l'Euro. L'économie lettone est sous perfusion d'argent russe que la prolifération à Riga (qui rassemble la moitié de la population) de casinos (vides de clients), de banques (prêteuses à profusion) et d'un coût de la vie aligné sur Paris ou Londres (dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 150 Euros), permettent d'identifier à coup sûr comme étant de l'argent « noir » (4). La monnaie lettone a fait l'objet d'intenses opérations spéculatives ces derniers temps (5), et elle est ainsi entièrement dopée artificiellement alors que l'économie du pays dépend « officiellement » uniquement de l'exportation du bois, du tourisme et des fonds structurels européens. Contrairement à Standard&Poor's qui a baissé la notation de la Lettonie pour cause de « surchauffe économique », nos chercheurs préfèrent clairement indiquer que l'économie lettone s'écarte de plus en plus d'un fonctionnement économique normal pour devenir une annexe de la part mafieuse de l'économie russe.

Pour l'équipe de LEAP/E2020, la devise lettone (le LAT) constitue donc un candidat de choix à un prochain décrochage monétaire qui fragiliserait les autres monnaies baltes et d'Europe centrale et orientale. Là aussi, la Banque Centrale Européenne et les dirigeants politiques de l'UE feraient bien d'agir par anticipation, car les dirigeants politiques des pays concernés sont généralement très liés aux opérateurs financiers qui génèrent cette « Bulle balte » (6); et ils ne pourront pas faire grand-chose pour maîtriser la situation.


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Notes :

(1) Source : Financial Times, 30/05/2007

(2) Où l'endettement des ménages atteint un niveau record. Source : Le Figaro, 22/05/2007

(3) Source : Yahoo Finance, 24/04/2007

(4) Pour information complémentaire, IRED, 14/06/2007

(5) Source : MarketWatch/DowJones, 16/03/2007

(6) Source : Vilhelm Konnander's Blog, 23/02/2007


source : www.leap2020.eu
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# Posted on Tuesday, 20 November 2007 at 4:53 PM

Israël 2020 : Deux scénarios au c½ur de l'avenir d'Israël - LEAP/E2020 fonde deux scénarios concernant l'avenir d'Israël sur la description de sept paramètres de rupture

Israël 2020 : Deux scénarios au c½ur de l'avenir d'Israël - LEAP/E2020 fonde deux scénarios concernant l'avenir d'Israël sur la description de sept paramètres de rupture
Israël 2020 : Deux scénarios au c½ur de l'avenir d'Israël - LEAP/E2020 fonde deux scénarios concernant l'avenir d'Israël sur la description de sept paramètres de rupture



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Israël 2020 : Deux scénarios au c½ur de l'avenir d'Israël - LEAP/E2020 fonde deux scénarios concernant l'avenir d'Israël sur la description de sept paramètres de rupture



Extrait GEAB N°7 (15 septembre 2006)




La crise libano-israélienne de l'été 2006 a permis d'identifier beaucoup précisément les paramètres qui vont désormais définir l'équation régionale du Moyen-Orient.
Dans sa dernière livraison du GlobalEurope Anticipation Bulletin, LEAP/E2020 décrit les 7 nouveaux paramètres définissant désormais l'environnement géopolitique d'Israël, et élabore les deux scénarios alternatifs de l'avenir d'Israël résultant de la nature des réponses des principaux acteurs concernés aux modifications de ce nouvel environnement.
. Le premier scénario, intitulé « La fin de l'état d'Israël / Vers de simples communautés juives dans un Moyen-Orient musulman » présente les conséquences, dans l'environnement radicalement nouveau qui a émergé de la crise de l'été 2006, de la continuation pour encore une décennie de la politique adoptée par Israël depuis le milieu des années 90.
. Le second scénario, intitulé « Un état israélien durable, partenaire d'un monde arabe en voie d'intégration régionale » explore le potentiel d'une rupture radicale de la politique israélienne avec celle suivie ces dernières années, afin s'adapter aux nouvelles contraintes pesant sur le Moyen-Orient.

Les sept paramètres qui permettent à LEAP/E2020 d'élaborer ses deux scénarios sont :

* Des forces fondatrices désormais épuisées
* La fin de la période de « surpuissance » militaire
* La fin de l'option unilatéraliste
* Le renforcement constant de la capacité militaro-stratégique des adversaires
* L'incertitude croissante sur la nature du soutien américain de long terme à Israël
* L'influence croissante et durable de l'Union européenne au Moyen-Orient
* Le conflit israélo-palestinien devient un vrai conflit régional
:

Voici quatre des sept paramètres identifiés par LEAP/E2020 dans cette analyse stratégico-politique de l'avenir d'Israël dans la région du Moyen-Orient :

3. La fin de l'option unilatéraliste : Les choix stratégiques opérés par les dirigeants israéliens depuis l'assassinat d'Itzhak Rabin, et tout particulièrement par la série de Premier Ministres Netannyahou, Sharon et Olmert, consistant à utiliser cette « surpuissance » pour tenter d'imposer des solutions unilatérales aux problèmes régionaux, ont abouti à accélérer la fin de cette période de « surpuissance ». Il est probable que, comme nombre de dirigeants dans l'Histoire, ces derniers se soient eux-mêmes laissés prendre au piège de « croire à leur propres communiqués de presse » et aient surestimé les capacités de leurs propres forces. Toujours est-il que l'utilisation systématique de l'appareil militaire pour fonder et mettre en ½uvre leurs politiques, en lieu et place du dialogue et de la négociation, a créé une situation qui a contribué à affaiblir ce même appareil et à renforcer le désir, chez leurs adversaires, de pouvoir s'y opposer. [1]

4. Le renforcement constant de la capacité militaro-stratégique des adversaires : Le monde arabo-musulman dans son ensemble connaît une amélioration constante de sa capacité de lutte contre les stratégies et tactiques militaires américaines, ou directement inspirées de ces dernières (comme ça a été le cas pour l'offensive israélienne de l'été 2006). Depuis plusieurs années maintenant, les conflits en Afghanistan et en Iraq fournissent en effet chaque jour des enseignements en la matière qui sont analysés et diffusés dans l'ensemble du monde arabo-musulman. La supériorité stratégique ou tactique de l'armée israélienne est donc désormais durablement confrontée à un défi particulièrement complexe à relever. La question nucléaire posée par l'Iran en est un exemple plus sophistiqué que la capacité de résistance du Hezbollah ; mais fondamentalement il s'agit de la même tendance. On peut d'ailleurs constater, et ce malgré les oppositions américaine et britannique, que le reste du monde est parvenu à imposer (certes péniblement) à Israël un arrêt de la destruction des infrastructures publiques et privées du Liban. Le potentiel dissuasif de l'arme nucléaire israélienne est donc indirectement posé, car on peut se demander quelles puissances dans le monde soutiendraient la quasi-destruction des principales installations pétrolières mondiales et la stérilisation pour des décennies de zones concentrant d'immenses réserves d'hydrocarbures (en cas de frappes nucléaires sur l'Iran ou une autres puissance du Golfe persique). Là aussi, la puissance militaire potentielle pure ne mesure pas nécessairement la capacité politique réelle.

5. L'incertitude croissante sur la nature du soutien américain de long terme à Israël : Les échecs américains au Moyen-Orient, en particulier l'enlisement en Irak, sur fond d'affaiblissement généralisé des Etats-Unis, sont en train d'alimenter une remise en cause des relations privilégiées entre Israël et les Etats-Unis, alimentée tant par les adversaires d'un soutien inconditionnel américain à Israël [2] que par les avocats de ce même soutien, inquiets de l'incapacité d'Israël à mettre en ½uvre les priorités américaines dans la région [3]. En fonction de l'évolution politique et économique aux Etats-Unis, Israël peut même craindre un renversement de tendances très brutal pouvant faire basculer les choix stratégiques américains au Moyen-Orient. Les dirigeants israéliens mentionnés à l'hypothèse 3 ont choisi de privilégier aux Etats-Unis l'alliance avec notamment la droite chrétienne du Part républicain. Cette alliance de circonstance ne doit pas faire oublier que cette famille religio-politique américaine possède une longue tradition anti-sémite et qu'étant très liée au pouvoir actuel à Washington, elle sera tentée, en cas de revers en politique intérieure, de « faire porter le chapeau » à un bouc émissaire aux échecs de sa politique au Moyen-Orient. Nul besoin d'être un grand visionnaire pour imaginer quel groupe pourrait bien être ce bouc émissaire ; et les conséquences d'une telle évolution sur les relations stratégiques Israël/Etats-Unis.

6. L'influence croissante et durable de l'Union européenne au Moyen-Orient : On peut considérer comme anecdotique le fait que les Européens reviennent militairement au Moyen-Orient exactement 50 ans après en avoir été chassé par le tandem américano-soviétique lors de la crise de Suez [4] . Cependant il n'en est pas moins réel que ce sont 7.000 soldats Européens qui vont assurer désormais la protection de la frontière Nord d'Israël et qui surveillent les côtes libanaises. Cette éventualité a toujours été considérée comme non souhaitable par les gouvernements israéliens successifs de ces dernières décennies, et par Washington. Loin d'être une répartition des tâches souhaitées par l'administration américaine, ou par les autorités de Tel-Aviv, il s'agit bel et bien du grand retour des Européens dans la zone (heureusement avec d'autres objectifs que ceux de la période coloniale et post-coloniale). Et ce retour est durable puisqu'il s'accompagne d'un fort soutien de l'opinion publique européenne (91% de soutien d'après le GlobalEuromètre de ce mois-ci) et que les Européens considèrent cette opération libanaise comme une première étape vers un rôle leader pour le règlement du conflit israélo-palestinien (là encore avec un plébiscite de l'opinion publique, à 98% d'opinion favorable [5]). Cette importance croissante des Européens dans la région va s'accompagner d'une approche beaucoup plus équilibrée du conflit et marque la fin de l'ère du soutien automatique à Israël qui a été celle de la dernière décennie de « parrainage américain » de l'ex-processus de paix.

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Notes :

1. On peut noter que l'armée israélienne a subi une bureaucratisation qui fait que ses officiers supérieurs actuels n'avaient aucune expérience concrète de la guerre, à la différence des générations précédentes qui avaient dû combattre sur le terrain. Son utilisation constante dans les territoires palestiniens ne leur a appris que des méthodes de maintien de l'ordre ; tandis que leur formation s'est déroulée de plus en plus sur le modèle américain. Les officiers supérieurs israéliens qui ont planifié l'échec militaire de l'été 2006 ont suivi les mêmes formations que les officiers supérieurs américains qui ont planifié le bourbier irakien actuel. Les dirigeants politiques ont également d'ailleurs une grande proximité intellectuelle. A ce sujet, la lecture de l'excellent article « Un été meurtrier », paru dans De Defensa le 07/09/2006, s'impose.

2. Le fameux article de Mearsheimer et Walt, paru à Harvard en Mars 2006, illustre la montée de cette tendance. Source: John Kennedy School of Governance

3. Le récent article de Aron Raskas, intitulé « What US Jews now expect from Israel ? » est en la matière très éclairant. Aron Raskas est un éminent responsable de plusieurs organisations juives importantes aux Etats-Unis. Source : Haaretz

4. Ainsi que l'a fait remarqué Franck Biancheri dans un article paru le 29/08/2006 dans Newropeans-Magazine

5. Source GlobalEuromètre 09/06

source : www.leap2020.eu
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# Posted on Sunday, 18 November 2007 at 9:21 PM

Edited on Wednesday, 21 November 2007 at 7:46 AM